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 Les ailes du faucon

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Edelya Thelran Eresphal

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MessageSujet: Les ailes du faucon   Mar 10 Fév - 0:19

Les ailes du Faucon


Huitième jour du deuxième mois de l’an trente-cinq.

Edelya sortie de la base, équipée de son armure, son sac sur les épaules. Yeneia était sur ses talons, elle voulait la suivre. La jeune fille ne comprenait pas que ce voyage c’était son combat et personne ne pourrait l’aider cette fois, elle en rêvait depuis plus de dix ans.
Elle finit par obtenir gain de cause auprès de la paladine et sortie son sifflet de sous son plastron. Elle le regarda un instant, jamais il ne lui avait semblé si beau. Elle le porta à ses lèvres et souffla dedans. Quelques instants après Nah’Kriin se posa à côté d’eux. Edelya attacha son sac à l’arrière de la selle du griffon puis harnacha sa hache dans son dos. Une fois prête, elle grimpa sur le dos de l’animal et s’attacha correctement pour ne pas risquer de tomber. Bien qu’elle n’ait plus tellement besoin de son harnais de vol depuis quelques temps, pour ce voyage-là, elle préférait le prendre.
Yeneia lui fit signe de la main, juste avant que le griffon prenne son envol en direction du tram des profondeurs.
Un compte à rebours se déclencha alors dans la tête de la jeune fille. Elle avait vingt-quatre heure pour aller jusqu’aux Hautes-Terres du Crépuscule et en revenir. La maison avait besoin d’elle mais si elle ne retournait pas chez les nains, Nah’Kriin serait trop vieux pour les rituels. Heureusement, le griffon accepta de rentrer dans le tram.
Humides, froids et noirs, les tunnels entre Hurlevent et Forgefer n’étaient guère accueillant pour le griffon. Cependant, les emprunter faisait gagner plusieurs heures de vol et économiser beaucoup de forces au duo. Le tram arriva et se stabilisa dans un crissement. Edelya tira Nah’Kriin par la bride, ce dernier résista un instant avant de monter dans l’étrange machine gnome. Le voyage fut très rapide, dès qu’ils arrivèrent à Forgefer, la jeune fille grimpa sur le dos du griffon et décolla.
Sur le dos du griffon, Edelya admira les vallées de Dun Morogh qui défilait sous ses pieds… Le griffon volait au maximum de sa vitesse. Les deux voyageurs n’étaient éclairés que par la lune, le jour ne se lèverait pas avant plusieurs heures. La jeune cavalière se plongea alors dans ses pensées, se remémorant la lutte qui avait été la sienne pour en arriver là…

Tout avait débuté le jour où elle avait appris qu’elle ne serait jamais paladin comme ses frères. Le lendemain, Edelya ne remit pas les pieds à Compté-du-Nord. Elle n’y revint jamais. Agée de huit ans, elle se promena comme une âme en peine dans Hurlevent, regardant les gens, heureux, qui s’agitaient autours d’elle. L’enfant était effondré. Alors qu’elle regardait l’eau des canaux, repensant à tout ce qu’elle venait de perdre, un enfant d’Hurlevent la poussa à l’eau avant de s’enfuir en riant.
Aussitôt, un nain plongea pour aider la petite fille. Il la tira vers la berge et attendit qu’elle crache toute l’eau qu’elle avait avalée. Encore sous le choc, Edelya regarda le nain, complètement perdue. Le barbu sourit puis emmena l’enfant avec lui, jusqu’à l’auberge ou il logeait. Il lui offrit à manger pour qu’elle reprenne des couleurs puis tenta de faire connaissance.
« -Je suis Thorn Bouclier-de-Givre. Comment t’appelles-tu, mon enfant ?
-Edelya, Monsieur le nain…
-Eh ! Pas d’monsieur avec moi. Qu’est-ce que tu fais toute seule, à fureter sur les canaux ?
-Je… »
Edelya fondit en larme… Le nain sembla complètement déboussolé mais fut touché par la détresse de la petite fille. Il attendit qu’elle se calme puis l’écouta lui raconter ses malheurs…
« -Je voulais vraiment être comme mes frères… Je ne comprends pas pourquoi je suis différente.
-Et c’est mal que tu sois différente ? Y’a un souci ?
-Non, non… renchérit la petite fille, mais qu’est-ce que je vais faire maintenant ?
-Bah te trouver une nouvelle tâche !
-Quoi donc ?
-Tu dois bien avoir d’autre intérêt que la lumière, non ?
-Avant, quand nous vivions dans le nord, on avait plein de faucons… J’ai toujours adoré ces oiseaux.
-Ah ! Eh bien j’ai mieux, viens avec moi. »
Le nain lui tendit la main, entrainant la petite Edelya vers la sortie. Le chevaucheur souffla dans son sifflet et attendit patiemment que Sung’Tol se pose à côté d’eux.  Il présenta son griffon à l’enfant qui en tombe toute suite amoureuse. Tandis que le nain racontait à la petite toutes ses aventures sur le dos de son fidèle compagnon, le jour défilait, et lorsque la nuit tomba, le nain guida Edelya jusqu’à chez elle. Il toqua à la porte puis avisa l’homme chauve en costume qui venait de lui ouvrir.
« -Ah ! Bonsoir Maitre nain. Que puiche faire pour fous ?
-J’ai trouvé cette petite fille… dit-il en désignant Edelya.
-Petite Freline ! Je commençais à m’inquiéter… Entrez, entrez, fous prendrez bien un ferre pour fous remercier de nous la ramener ?
-Non, je dois partir, Monsieur. Mais merci quand même. »
Edelya fixa le nain, un instant…
« -Tu t’en vas ? dit-elle, au bord des larmes.
-Et oui, petite fille…
-Alors j’ai un secret pour toi, lui chuchota-t-elle à l’oreille. Je veux monter un griffon plus tard ! Moi aussi, je veux voler et toucher les nuages !
-Alors, sourit le nain, revient donc me voir quand tu seras grande. Nous verrons si tu as ce qu’il faut pour devenir chevaucheur. »
Le nain lui glissa une carte avec son adresse dans la main, en guise de cadeau d’adieu puis grimpa sur Sung’Tol et décolla, agitant la main à l’attention d’Edelya.
Sébastian attendit que le nain s’en aille pour entrainer la petite fille à l’intérieur. Cependant, jamais la petite Thelran ne lui raconta cette journée, gardant dans son cœur de petite fille son nouveau rêve.
Les années passèrent alors lentement pour la jeune demoiselle. Partagée entre éducation noble et entrainement aux armes, elle ne se remit jamais vraiment de son échec lors de sa formation de paladin. Mais forte de son rêve, elle continua de communiquer avec Thorn par messages. Il lui racontait sa vie dans les Hautes-Terres du crépuscule, elle lui parlait de ses journées à la cité blanche. Il lui écrivait les légendes de son peuple autours des griffons, elle lui contait les fables de sa maison. Et après quelques années de correspondance, les deux devinrent très proches. Lorsque le cataclysme se déclencha, Edelya s’inquiéta du sort de Thorn. Trop jeune pour faire la guerre, elle dut attendre des nouvelles du nain. Le temps passant, elle finit par le croire mort, voyant d’un même coup son ami d’enfance et ses chances de devenir chevaucheur réduites à néant.
Ce ne fut que lors du début de la campagne en Pandarie que Thorn fit miraculeusement surface. Son message, bien que bref, raviva l’espoir chez la jeune fille.
« -Vais bien, arrive à Hurlevent dans trois jours. Thorn. »
La jeune fille prépara ardemment ses retrouvailles, et lorsque que le nain atterrie à Hurlevent avec son escouade, elle l’attendait. Ses compagnons se ruèrent vers la taverne et le chef du groupe, lui suivit l’ambassadeur humain qui l’attendait.
« -Thorn ! Thorn ! cria Edelya, agitant la main à son attention.
-Ah ! Ma petite rêveuse ! Qu’est-ce que tu as grandis… Avant tu faisais ma taille. Dit-il en riant. Je m’excuse de ne pas t’avoir écrit, mais avec le cataclysme… Tonnemar a été détruite… Ça a été la panique. Alors, comment-vas-tu ? »
Ils discutèrent toute la journée. Edelya manquait à tous ses devoirs, mais elle assumerait les conséquences plus tard. Son bonheur de revoir le nain, sain et sauf était tel qu’elle ne culpabilisa même pas de rendre Sébastian fou, s’étant éclipser sans en parler à personne.
Le soir, elle saluât le nain, près à embarquer pour la Pandarie.
« -Edelya… J’ai bien réfléchit. Tu veux toujours devenir chevaucheur ?
-Oui ! Plus que tout au monde.
-Tu ne seras jamais comme les nains… Mais je peux te montrer nos techniques. Cependant, avec ta famille… Tu devras t’entrainer seule. Quand je reviendrais de Pandarie, vient me trouver chez moi, aux Hautes-Terres. Je t’expliquerais tout ce que tu dois savoir… Mais ce n’est pas gratuit ! Tu devras me prouver ta force, petite rêveuse. Entendu ?
-Entendu ! »
Le nain grimpa sur le navire, agitant la main en regardant la jeune fille. Le navire s’ébranla et le nain partit à nouveau.

Edelya soupira, Nah’Kriin la secouait doucement. Ils étaient au-dessus des Paluns, elle ne devrait plus tarder à apercevoir les Hautes Terres. La jeune cavalière se souvenait avec douleur du duel contre Thorn… Elle l’avait perdue. Le nain était fort et l’avait provoqué en duel, elle le battait, elle remportait un œuf. Elle avait mis toutes ses forces dans ce combat. Mais rien à faire, le nain savait se battre. Elle perdit. Cependant Thorn lui offrit quand même son œuf. Elle avait ensuite gagné le nord avec Aubert et dresser son griffon en secret. Elle voulait absolument faire une surprise à sa famille en leur racontant toute l’histoire. Même si en vérité, tout ce secret n’est pas nécessaire mais la jeune fille voulait se prouver quelque chose, à elle-même. Elle ne s’était jamais vraiment remise de son échec en tant que paladin, peut-être que de réussir cette épreuve seule l’aiderait à accepter qu’elle ne manierait jamais la lumière.

Le griffon amorça la descente, ils étaient enfin arrivé aux abords d’Havran’Iliz. Thorn les attendait sur le pas de sa porte, en fumant tranquillement sa pipe.
« -Bien le bonjour, petite rêveuse matinale.
-Salutation, Thorn Bouclier-de-Givre, répondit Edelya d’un ton solennel.
-Allez, entrer gamine, tu es plutôt pressée, je crois ! Répondit-il, amusé. »
Le nain lui prie le bras et l’entraina à l’intérieur. Ils discutèrent quelques instants. Le vieux nain finit par sortir ses pigments, son encens et ses pierres de rituel. La jeune fille sur les talons, ils ressortirent et grimpèrent au sommet de la montagne, juste derrière la maison du nain, avec leurs griffons.
L’aube se levait à peine, tandis que Thorn broyait dans un bol en céramique les pigments bleus pour les peintures de cérémonie. Il tendit le récipient à la future chevaucheuse et alluma l’encens. D’une main sur, il grava sur ses pierres les symboles de la cérémonie du lien et les disposa autours des bâtons incandescents. Il reprit le bol des mains d’Edelya et commença à se peindre le visage. Il fit de même avec celui de la demoiselle, puis posa le bol dans les pattes de Sung’Tol.
« -Bien, commençons. Dit le nain, prenant une forte inspiration.
Jeune Edelya Thelran Eresphal. Tu t’es entrainée selon nos rites et nos coutumes, te voilà prête à sceller un lien spirituel avec ton griffon. J’en appelle à nos ancêtres pour qu’il se penche sur cette jeune chevaucheuse et qu’ils bénissent ses vols. Que les vents de soit toujours favorables et que le temps, dans ton sillage, soit toujours clair. Que son griffon et elle ne forment plus qu’un seul être. Qu’un seul souffle les habite et qu’un seul cœur guide leurs actes. Que maintenant et à jamais, ces deux êtres soient liés l’un à l’autre. »
Le nain frappa les runes une par une de son poing. Lorsqu’il arriva à la dernière rune, elles s’illuminèrent toutes d’une lueur dorée.
Edelya se sentit alors comme baignée par un flot de magie bienfaitrice et cru posséder des ailes. Lorsque les runes cessèrent de briller, les sensations disparurent, laissant la jeune fille perplexe.
Thorn se releva et s’étira, attendant que sa jeune sœur se décide à parler.
« -Est-ce tout ? Demanda timidement la nouvelle chevaucheuse de griffon.
-Eh non. Maintenant, vous devez sceller votre lien.
-Comment ça ?
-Il est coutume qu’après la cérémonie, le chevaucheur et son griffon volent ensemble pour sceller leur pacte. Allez, va ! rétorqua-t-il en poussant la jeune fille vers Nah’Kriin. »
Edelya grimpa alors sur son griffon. Elle n’eut même pas le temps de le diriger vers le bord de la falaise, qu’il décollait déjà… Le lien semblait être installé. Pendant leur vol, Edelya se sentit plus sereine qu’avant, Nah’Kriin lui obéissant à la perfection. Le rite les avait rapprochés. Ce fut le véritable premier vol de chacun comme étant devenu la moitié de l’autre.
Après une bonne demi-heure de voltige, le duo se posa juste devant la maison du nain, ce dernier les attendant sur son griffon. Le rituel avait duré toute la matinée, le soleil était au centre du ciel.
« -Bien. Maintenant, je veux mon duel, jeune chevaucheuse !
-Comme tu voudras, ancêtre ! J’ai beaucoup progressé, tu vas t’en mordre les doigts. Rétorqua moqueusement la jeune fille.
-Je n’attends que ça. Mais avant… j’ai un cadeau pour toi. Répondit-il en entrainant Edelya à l’intérieur. »
Le nain tira une caisse de derrière un rideau et l’ouvrit d’un coup sec, laissant la demoiselle entrevoir son contenu.
« -Je me suis dit que tu aurais plus d’allure en portant une véritable armure. Dit le nain, un peu gêné.
-Elle est magnifique ! Tu l’as fait tout seul ?
-Oui. C’est du bon métal, ne t’inquiète pas. Et les parties en tissus sont faites en tisse-mage, ça te tiendra bien chaud la haut. Allez, essaie-la et retrouve-moi dehors pour notre duel. »
Le nain laissa Edelya s’équiper. Elle n’en revenait pas. Ce soin dans les détails, cette finesse de la découpe… Elle savait que Thorn était un bon forgeron doublé d’un bon chaman… Mais elle ignorait qu’il pouvait faire une armure aussi belle. Malgré son gout prononcé pour les nains, Thorn avait su adapté parfaitement son style a une forge plus ‘’humaine’’. La jeune chevaucheuse sortie de la maison, entièrement armuré et grimpa sur Nah’Kriin. D’un signe de la tête, elle indiqua à Thorn qu’elle était prête. Hache en main, elle décolla.

Le duel commença.
Le nain vola vers elle à grande vitesse et se fut la première collision. Ils bataillèrent ainsi plusieurs dizaines de minutes, jusqu’à ce qu’Edelya feinte en piquant vers le sol. Alors qu’elle pensait le nain derrière elle, elle stoppa violemment Nah’Kriin dans sa descente et vit piquer un orc sur wyverne. Elle leva la tête et vit Thorn aux prises avec deux autres orcs. Tandis que le nain se démenait pour les garder loin de Sung’Tol, la chevaucheuse envoya sa hache vers l’orc qui venait à sa hauteur. La peau-rouge encaissa violemment le plat de la hache dans la tête, ce qui le sonna pour quelques temps. Lorsque les autres virent leur compagnon blessé, l’un deux souffla dans un corps à sa ceinture.
A ce moment précis, trois autres orcs, à terre cette fois, sortir des rochers et commencèrent à envoyer leur lance vers les deux chevaucheurs de griffons.
« -Va-t’en Edelya ! Vite ! Hurla Thorn depuis son griffon. »
Cette fois, Edelya ne se fit pas prier, elle commença à s’enfuir vers Forgefer. Cependant, elle voulut aider Thorn et se retourna pour viser les orcs avec son arc. Lorsqu’elle fit demi-tour, ses yeux virent l’un des orcs plantait son épée dans le cœur du nain pendant que l’autre abattait froidement Sung’Tol.
Les orcs brulèrent le nain, le griffon et la maison, pillant ses richesses avant.

Interdite, Edelya sentit des larmes coulées sur ses joues tandis que Nah’Kriin l’emporta au loin. Après quelques heures de vol, la jeune fille sentit sa joue lui bruler… L’orc avait réussi à la toucher sans qu’elle s’en rende compte. Une énorme balafre lui barrait la joue et le sang qui en sortait coulait le long de son visage. Incapable de se soigner pour l’instant, elle épongea le sang à l’aide d’un mouchoir.
Le vol semblait durer une éternité pour la jeune fille. La mort de Thorn avait brisé son cœur. Le nain était son ami depuis si longtemps… Il l’avait aidé et soutenue… Mais maintenant, il n’était plus.

Lorsque le griffon se posa à Forgefer, Edelya fouilla dans son sac à la recherche de son outre et finit par tomber sur une bourse inconnue. Elle l’observa un instant et vit qu’elle était frappé du symbole des marteau-hardis. Elle l’ouvrit et en sortit le talisman de plume que Thorn portait toujours autours de son cou ainsi qu’un petit mot.

« A ma meilleure et unique élève,
Maintenant, tu toucheras les nuages, Petite Rêveuse. »


Dernière édition par Edelya Thelran Eresphal le Lun 16 Fév - 23:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Mauvais rêves   Dim 15 Fév - 1:15

Mauvais Rêves


Le ciel était clair, l’air frai. Il faisait nuit depuis quelques heures déjà, le calme régnait sur la cité blanche. Le siège Thelran était fermé depuis un bon moment, les membres de la maison avaient repris le chemin de leurs lits hormis les quelques qui logeait sur place. Pourtant, depuis l’extérieur, on pouvait voir une lueur émanée des fenêtres du rez-de-chaussée.
Une bougie était allumée sur la grande table. Elle éclairait à peine les livres étendues d’un bout à l’autre du meuble. Devant la bibliothèque se tenait Edelya. Vêtue d’un simple pantalon et d’une chemise délavée, pied nue sur le parquet, les cheveux en bataille, elle semblait avoir sauté de son lit.
N’importe qui aurait pu l’espionner, la jeune fille n’y prêtait aucune attention. L’heure devait s’approcher des trois heures du matin, elle savait tout le monde couché.
Elle n’arrivait pas à dormir. Depuis son retour dans le sud, elle était sujette à de nombreux cauchemars. Bien qu’au début, elle pensa que c’était dû à l’anxiété, ses devoirs lui pesaient beaucoup et la solitude la minait. Maintenant qu’elle s’était habituée à la pression quotidienne, ses mauvais rêves auraient dû cesser. Mais il n’en fut rien.
Tous s’accélérèrent avec la mort de Thorn.  La disparition du nain affectait profondément la jeune chevaucheuse de griffon. Elle se sentait seule, mais en prime, elle se sentait… différente. Comme si l’absence quotidienne de son vieil ami avait changé sa perception du monde. La cérémonie du lien avait aussi modifié son ressenti des choses, Nah’Kriin et elle partageait dorénavant beaucoup de chose.
Mais autre chose clochait. Les insomnies de la jeune fille ne cessait pas sauf lorsqu’elle dormait auprès de son griffon… Tandis que ces réflexions vagabondaient dans sa tête, elle triait machinalement les papiers de la maison. Après quelques dizaines de minutes, tout était rangé et classé. Edelya fixa longuement la flamme de la bougie.
« Thorn… » Des larmes coulèrent de ses joues. Silencieusement. Voilà ce qui avait changé, en elle. Avant de suivre la voix des chevaucheurs, c’était une enfant turbulente et pleine de vie. Impétueuse, irréfléchie et rempli d’espoir, elle ne se préoccupait pas du lendemain.
Mais depuis l’éclosion de son griffon, elle avait vieillie. Vieillie bien trop vite… D’une jeune fille adolescente de 16 ans, c’était devenue une dame de 25 ans. En moins de cinq mois.
Edelya aurait tout donné pour avoir de nouveau 6 ans, monté réveiller sa mère et s’endormir dans ses bras. Mais elle se contenta de fixer la bougie. Toute la nuit.
Lorsque l’aube pointa, elle entendit des pas provenir de la cave, puis le bruit d’une personne qui montait l’escalier du sous-sol.
« -Tout fa bien, Freline ? Demanda Sebastian.
-Oui, tout va bien. Je me suis levée tôt. »
Même à son réveil, le vieil homme était impeccablement vêtu de son costume, son plumeau à la ceinture, son chandelier à la main, l’air frai et bien réveillé.
« -Fous êtes sûre ? Cela fait quelques chours que fous ne dormez pas beaucoup et que fous mangez peu…
-Oui, ne vous inquiétez pas… »
Edelya se dit que le majordome n’était pas dupe, mais il la laissa tranquille. Le siège allait bientôt se réveiller, aussi la jeune fille monta se changer. Elle enfila une de ses tenues de ville, s’arrangea les cheveux et cacha au mieux ses cernes.
La journée passa sans ennuie. Bien que plus agitée, lorsque la soirée se termina, une nouvelle fois, le bâtiment s’assoupi. Edelya remercia secrètement Jian de l’avoir ramener à la sobriété, elle n’aurait pas pu sortir dans son état, quelques heures auparavant. Lorsqu’elle fut sûr que tous ne se relèverait pas, Edelya enfila une chemise, un pantalon, pris une paire de bottes et sa cape en fourrure. Elle descendit en silence l’escalier de l’étage et attrapa sa besace et son épée. Elle fourra dedans plusieurs cartes, un morceau de pain, une gourde vide et de quoi écrire.
Elle ouvrit doucement la porte, enfila ses bottes et se coula à l’extérieur, en refermant doucement la porte derrière elle.
Debout derrière la fenêtre, Sebastian la regarda partir. Malgré tout ce qu’Edelya dirait, il savait que ces songes étaient habités par d’horribles visions. Il avait des souvenirs de son attitude, lorsque, enfant, elle ne dormait pas.
Déjà à l’époque, elle refusait d’admettre ce qu’elle voyait. Les images des combats du nord étaient gravées dans son esprit d’enfant. Elle finit par éclater en sanglot lors de l’une de ses leçons de protocole, laissant son percepteur de l’époque, perplexe. Le majordome l’avait alors soigné de son mieux. C’était une petite fille solitaire et déjà très courageuse. Mais avec du recul, Sebastian ne put que se demander si elle avait vraiment été heureuse pendant toutes ses années. Elle ne guérit jamais vraiment. Il soupira doucement, elle venait de quitter son champ de vision.
Aurait-il dû lui courir après en pleine nuit ? Non. Avant, il l’aurait fait… Mais quelque chose s’était brisé en elle. Quelque chose qui était dorénavant perdu.
Sebastian pris son chandelier et se dirigea vers la cave.

Edelya marchait dans les rues désertes d’Hurlevent. Marcher lui faisait du bien. Elle se dirigea jusqu’au Lac Miroir. Elle tapota l’oreille de Bragg et lui donna un morceau de viande. Même si le loup la supportait, elle espérait s’en faire un ami. La jeune fille se fit la réflexion que Ragnar et lui s’était bien trouvé. Bragg était un peu grognon mais il avait un très bon fond et était bien plus intelligent que brutal, exactement comme le guerrier.
Même si Ragnar avait littéralement troué le mur du siège, elle l’appréciait beaucoup. C’était une sorte d’ami pour elle. Un frère d’arme valeureux. C’était le bon mot : frère d’arme.
Pour une fois, elle ne siffla pas Nah’Kriin. Elle grimpa jusqu’en haut des falaises avec vigueur. Le griffon se réveilla, voyant sa jeune cavalière assise sur le rebord d’une pierre, les yeux clos, le visage dans le vent. Il lui donna un petit coup de bec sur l’épaule et piailla doucement.
Edelya lui accorda une petite gratouille sur la tête avant qu’il se retourne et se rendorme. La proximité de l’animal apaisait la jeune fille. Elle posa sa besace à quelques pas du nid et ouvrit l’une des cartes qu’elle avait emmenées.

Draenor.

Aurait-elle le courage d’y suivre la maison ? Danorian voudra-t-il d’elle là-bas ? Quand sera-t-il d’elle quand il reviendra dans le sud ? Est-ce qu’il la relèvera de ses fonctions ? Devra-t-elle à nouveau se tourner les pouces ?
Et Azelan… Son père… Après une longue réflexion, Edelya en vint à la conclusion suivant : Ses parents étaient des inconnus pour elle. Elle n’avait que peu croisé son père, même dans le nord. Jamais longtemps et il lui avait toujours fait de long monologue, reproché ses actes ou bien un comportement.
Quant à Méliana… sa mère était plus douce, c’est sûr. Elle lui manquait. En fait, sa mère, bien que très absente, avait toujours su se montrer proche d’elle. Elle avait accepté qu’elle grandisse et l’avait laissé voler de ses propres ailes. Elle, elle la laisserait partir.

Edelya empoigna sa hache à deux mains et l’abattit violemment sur le tranchant d’une hache orc. Il riposta et frappa d’un coup sec sa cuirasse. L’attaque ricocha sur la plaque, mais déstabilisa la jeune chevaucheuse. Elle siffla Nah’Kriin avant de bondir sur son dos. L’orc jura et lança sa hache droite vers la demoiselle. Le griffon esquiva largement la hache avant de reposer sa cavalière plus loin.
Danorian sourit à sa sœur, ils gagnaient leur première bataille à l’instant. Tandis que son épée noire fendait les opposants sans trêve, sa sœur respira un instant… Sa première bataille, enfin ! Elle exultait. En assurant sa poigne sur sa hache, elle se lança vers un orc un peu plus loin. Ce dernier para de son coup et riposta en lui envoyant sa lance dans le ventre. Au moment même où l’orc lança son assaut, Danorian s’interposa entre Edelya et son assaillant, encaissant le coup à sa place. Du sang vermeil jaillit de sa blessure, tandis que son visage se décomposait pour se superposer à celui de Thorn. Edelya hurla, et son cri la ramena à la réalité.
Haletante et complètement déboussolée, la jeune chevaucheuse de griffon perdit son équilibre depuis le rocher ou elle s’était assoupie et tomba quelques brasses plus bas, heurta de plein fouet une pierre, juste au-dessus de son nombril. Elle en eu le souffle coupée. Dans un effort surhumain, elle se retourna sur le dos, le temps de récupérer légèrement…

Après plusieurs dizaines de minutes, elle se redressa doucement, fixant l’entaille qui lui barrait le ventre d’un bout à l’autre. Heureusement pour elle, la pierre, bien que très large n’avait pas ouvert profondément sa chaire. Elle sorti un mouchoir de sa poche et essuya doucement le sang qui coulait de sa blessure. Elle se leva. Bien, elle tenait sur ses jambes, elle avait dû tomber de deux mètres au maximum. Elle grimpe le long de la paroi rocheuse, tout en maugréant contre sa chute. Une fois en haut, elle attrapa son sac et grimpa sur Nah’Kriin qui la déposa aux portes d’Hurlevent. Edelya se drapa dans sa cape, sa chemise était transpercée et tachée de sang et on aurait dit qu’elle avait croisé Arthas tellement son air était sombre… Elle se dirigea vers le siège Thelran, ouvrit la porte délicatement et la referma sans bruit. Elle monta dans sa chambre, et banda sa blessure comme elle put… Sa courte nuit lui suffirait pour tenir toute la journée, juste avant de se changer, elle se fixa dans le miroir.

Sa vision la souffla. Elle avait maigri. On voyait ses cotes et ses joues étaient plus creusées qu’avant. Sa balafre rougeâtre lui rappelait douloureusement son ami et ses yeux étaient creusés par de grandes cernes. La fatigue, la tristesse et l’inquiétude prenait le pas sur elle à grandes enjambées.
Elle ne mangeait que très peu, l’estomac noué par la perte de son ami. Elle ne dormait pas énormément non plus, agitée par ses cauchemars.
Edelya attrape une chemise dans sa commode et l’enfila sur ses épaules. Elle regarda l’heure à sa montre, posée sur la commode. 7 heures. Elle avait dormis presque trois heures aux chutes. Et même là, ses cauchemars l’avaient suivi.
Trop fatiguée pour faire quoique ce soit, elle prit un de ses nombreux livres d’histoire et s’allongea sur son lit pour le lire. Elle espérait que la lecture l’apaiserait un peu.

Le vent soufflait sur la plaine. La pluie ne tarderait pas. Edelya était solidement accroché à Nah’Kriin, ce dernier volait à pleine vitesse. Elle resserra les sangles de son harnais de vol et amorça la descente. Les orcs en bas tiraient des boulets de canon sur les hommes de la maison. La jeune chevaucheuse virait longuement avec son griffon. Elle aperçut Ragnar au prise avec un orc et Alvaro, plus en arrière qui tirait droit vers un autre qui le chargeait.
Ils étaient en train de perdre cette bataille ! La jeune fille voulu venir en aide à Alvaro mais un des tireurs la pris pour cible. Tandis qu’elle et son compagnon volant piquait vers l’attaquant du fusilier, un boulet vola droit vers eux et percuta Nah’Kriin en plein milieu de l’aile gauche. Les deux comparses heurtèrent violement le sol. Edelya se releva les genoux à terre et les mains solidement ancrées dans le sol, pour retrouver son équilibre. Elle leva la tête en direction de Nah’Kriin… Le griffon gisait à quelques pas d’elle, son aile gauche mortellement fracturée. Les os avaient traversés la peau et l’animal trônait au centre d’une flaque de sang d’un rouge écarlate. La jeune chevaucheuse lâcha un cri de détresse tandis que la scène se floutait dans un océan de brume.

Edelya ouvrit brusquement les yeux, fixant le plafond de sa chambre, le cœur battant à la chamade, secouée par sa respiration saccadée. Un rêve… Enfin, un cauchemar. L’apothéose de ses songes malveillants venait d’être aboutit. Son griffon… son magnifique griffon. Le lien entre toutes ses années de solitude et de mélancolie, le cadeau de Thorn, son meilleur ami, cet être prêt à tout pour elle… Cruellement tué, alors qu’elle vivait encore. Il n’y avait, à ses yeux, pas pires choses. Elle jeta un coup d’œil à sa montre. Dix heures. Elle prêta attention aux bruits du siège Thelran. En bas, on entendait fredonner Sebastian, en plein ménage surement. Dans la chambre d’à côté, il n’y avait aucun bruit. Méliana devait déjà être sortie. A l’extérieur, Hurlevent semblait habitée de vie.
La jeune fille en eu la nausée. Elle se retourne dans son lit et admira longuement le mur.
Ses rêves furent une succession d’horreurs sans grand rapport. Les combats lors de la chute du nord, la mort de Thorn, d’hypothétique combat en Draenor, tout y passa, se suivant sans vrai sens. Azelan, Méliana, Aldéryon, Edinne, Yeneia, Thyberias, Alvaro, Danorian, Thorn et Nah’Kriin jouait tour à tour le rôle de mourant, de blessés ou de cadavre.
Mais elle, elle survivait. Elle ne pouvait que contempler l’horreur de la guerre et des combats. Elle finit par se laisser végéter dans sa chambre jusqu’à la fin de la journée, sans dormir, sans parler, comme ravagée par les derniers évènements.

Elle finit par sortir, affichant à tous son air bienveillant, intériorisant toutes ces visions d’horreurs. Elle discuta avec douceur avec Ragnar et la Sœur, cette dernière rejoignit officiellement la maison. Edinne la demanda pour essayer sa robe, ce qu’elle fit, la tête ailleurs. Tandis qu’elle discutait avec la jeune couturière, des flashs lui revinrent doucement. Elle ne put que tenter de retenir ses larmes avec douleur. Une fois fini, elle descendit s’isoler dans l’entrée, priant intérieurement pour que ces démons cessent de la hanter. Thyberias s’approcha d’elle, tentant de lui faire ouvrir son cœur, mais la jeune fille resta de glace. La soirée continua, comme si le temps autours d’Edelya continuait à s’écouler mais qu’elle était figée devant le corps sans vie de Thorn depuis tout ce temps. La jeune fille finit par sortir, erra dans les rues hurleventoises un moment, avant de regagner le siège Thelran.

Lorsque le siège fut calme, Edelya s’allongea sur son lit, cherchant le sommeil. Ces cauchemars la hantaient bien trop pour qu’elle réussisse à s’assoupir. Elle se leva, enfila une chemise noire, un pantalon noir et une paire de botte. Elle décrocha son arc du râtelier, attrapa sa besace et descendit aux cuisines.
Une fois dedans, elle prit un morceau de pain, de la viande séchée et une pomme. Elle remonta lentement à l’étage, ouvrit la porte et se coula à l’extérieur. Elle fureta dans Hurlevent, regardant les fenêtres presque toutes éteintes. Elle se dirigea vers le lac miroir, escalada la falaise, pestant contre la blessure de la veille qui lui faisait un mal de chien. Une fois au sommet, elle vint s’allonger près de son griffon, qui n’était même plus surprise de la voir là. Elle se lova au creux des pattes de Nah’Kriin et regarda le ciel. La nuit serait longue.

Tandis que la lune décrivait son demi-cercle habituel dans le ciel, Edelya voyait défilé sous ses yeux des scènes de batailles. Elle n’avait plus la force de lutter contre ses horreurs et finit par abandonner. Nah’Kriin posa son bec contre sa joue, partageant sa terreur et sa tristesse. D’un coup, Edelya bondit sur ses jambes. Elle fixa longuement son reflet dans la rivière des chutes du tonnerre. La balafre laisserait une cicatrice. Elle le savait. Elle regarda son talisman.

Après plusieurs heures de profondes réflexions, la jeune fille ouvrit sa besace en engloutit le pain qu’elle contenait. La mort de Thorn l’avait rendue solitaire et seul la compagnie de son griffon arrivait à raviver son appétit et à sécher ses larmes. Son cœur était renversé, comme d’habitude, mais au côté de son compagnon ailé, il cessait de la faire souffrir.
Edelya s’inquiéta des prochaines heures. Tiendrait-elle toute une soirée entière entourée de noble après les derniers jours ? Elle choisit de dormir dans le nid du griffon pour cette nuit. Certes, son lit était plus confortable, mais la chaleur de son ami emplumé lui procurait un réconfort. Nah’Kriin avait perdu sa mère, Sung’Tol, le griffon de Thorn, lui, il savait. Elle se coucha contre lui et s’emmitoufla dans sa cape.

Cette nuit, pour la première fois depuis que le nain avait quitté sa vie, elle dormi sereinement.

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Les ailes du faucon
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